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> Alain: A l’état civil comment se nomme Ghetto Mik?
> Ghetto Mik : Chawki-Kamel Dieudonné.
|| Alain : C’est fort étonnant pour un Togolais ?
|| Ghetto Mik : (rire) C’est d’origine libanaise en fait. Mais je suis togolais, né à Togoville, grandit là. J’ai fait mes études au collège et lycée Saint Augustin de Togoville. Je suis togolais pur koa (rire)
> Alain : pourquoi Ghetto Mik pour nom d’artiste et nom de scène ?
> Ghetto Mik : J’ai connu des moments difficiles de vraies galères, des coups de points à côté ce ne sont rien du tout. Je me suis retrouvé en situation de crise par moment et dans ces cas là on descend plus bas que poussière.
Le Ghetto m’a ouvert les bras, je ne cesserai de remercier mes potes qui m’ont soutenu Elias K, Ja-jahbynx, Christian, mes deux sœurs. Le rap m’a tenu compagnie et puisque j’avais beaucoup à dire déjà à l’époque et que la chanson s’avère un don je me suis dit qu’il fallait porter haut la voix du Ghetto donc Ghetto Mik, le micro du Ghetto.
|| Alain : en réclamant le micro de la sorte que revendiques-tu finalement ?
|| Ghetto Mik : le droit à l’amour, à la justice, à l’écoute de notre prochain lui accorder ce qu’il mérite. Il y a des vérités qui ne se disent pas pourtant on est tous face à des réalités de vie chaque jour que Dieu fait. On a parfois besoin de soutien mais tous vous ignorent et vous dénigrent. Je viens donc avertir tous que je suis là avec toute ma rage et ma colère qui n’aspirent qu’à exploser.
> Alain : le hip hop est-il une religion, un cantique des plus faibles qui n’ont aucun porte parole ?
> Ghetto mik : le hip hop est une vision, une manière de vivre. A l’instar du reggae, le hip hop dénonce beaucoup de choses. Une religion je ne pense pas car chacun le vit à sa façon mais un cantique oui pour ceux qui veulent le changement et qui le chantent dans leur texte. C’est aussi une arme car nous envoyons des projectiles sonores qui heureusement ne tuent pas mais ont pour mission de conscientiser les uns et les autres. C’est un canal de choix et de poids.
|| Alain : Comment es-tu arrivé à tomber sous le charme de cette mouvance juvénile là ?
|| Ghetto mik : Sans le savoir. Dans mon plus jeune âge j’enchaînais les mots juste pour le plaisir et pour plaire aussi. La mort d’un ami a été l’élément moteur car c’est en ce moment là que j’ai écrit mon premier texte et depuis lors j’écris et je rappe.
> Alain : as-tu des modèles se trouvant dans le même formatage musical que toi et pourquoi eux ?
> Ghetto mik : 2pac, Ja-rule, DMX et surtout Phil Collins et Elton John. Je kiffe grave et la raison est simple : j’aime la mélodie en musique pour moi il n'y a pas que les bites. Ces derniers ont de belles mélodies même si Elton et Phil ne sont pas des rappeurs. Lorsque vous écoutez les chansons de ces gars tu comprends qu'il y a un travail de pro derrière.
|| Alain : DO YOU FEEL ME est l’une de tes chansons qui te révèle au public togolais. On sent de la rage dans ce titre comme une façon de dire à tous je suis là. Est-ce cela ?
|| Ghetto mik : Oh Dieu que oui (rire) et en force pour imposer mon style sur ma terre et me faire connaitre à l’extérieur, c’est important . Je ne suis contre personne, je ne m’érige pas en donneur de leçon mais juste besoin d’un micro pour dire ce qui me préoccupe, ce qui me touche et me ronge au-dedans de moi, c’est comme un compte à rendre à la vie. Je crois que j’ai ma chance alors : do you feel me nagger (rire)
>Alain : On a comme l’impression que t’es reste très longtemps dans l’ombre et que t’as l’intention de marquer ton passage ?
> Ghetto Mik : l'ombre, je connais à vrai dire. J’ai comme l’impression que c’est chez moi (rire) mais tu sais le milieu hip hop m’était déjà très familier. En 2002 j'avais déjà ma bande Microphone's Soldiers et on avait des ambitions pour le HH (Hip Hop) mais on a manqué de moyen et de soutien.
Le clan s’est vite disloqué et chacun a poursuivi son chemin en gardant toujours à l’esprit la mission qui est la notre d’apporter notre pierre au Rap. A présent nous sortons la tête de l’eau et je compte bien laisser des traces de mon passage tel un animal qui marque son territoire.
|| Alain : pourquoi chanter en anglais sur une terre de colonie française et traditionnelle de sur croit ?
|| Ghetto Mik : C’est juste pour montrer que rien n’est impossible dans ce monde si on a la volonté. Au début j'ai tout entendu pour comprendre que c'était une cause perdue mais je me souviens aujourd’hui encore du soutien du grand frère Jimi Hope qui ne cessait de m’encourager dans ma lancée. Aujourd’hui mes anciens détracteurs croient en moi plus que ceux qui m’ont soutenu au tout début. Je rappe aussi en français et d’ailleurs au Togo nous sommes bilingues, les gens comprennent bien le français et l’anglais et parlent les deux langues et ce que je fais ne dépayse en rien les mélomanes car ils consomment aussi très bien les CD des afro américains.
> Alain : Quel est ton regard sur le Hip hop au TOGO ?
> Ghetto Mik : il y a une évolution quoique l’on dise. C’est sérieux à présent, les artistes se donnent à fond, la preuve lors des TOGO HIP HOP AWARDS qui aujourd’hui est à sa 5eme édition, les artistes en compétitions sont graves ! Je sais de quoi je parle car j’ai été en liste à la 4eme édition pour la catégorie meilleur révélation Hip hop le 21 décembre 2007. L’on peut être fier de tous et demander de faire mieux.
|| Alain : Parle-nous un peu de ton album, The Warning (L’avertissement).
|| Ghetto Mik : The warning (L’avertissement) est un album de 12 titres avec quelques collaborations dont je ne dirais pas les noms (rire). Cet album est une mise en garde à tous parce que j’arrive, c’est une rage contre la vie, contre certains qui n’ont pas cru en moi, tous ceux qui m’ont envoyé balader. C’est peut être autobiographique car je parle de mes difficultés, mes échecs, mes peines et espoirs. Je parle de la vie, ce qui devrait être et qui ne l’est pas et vice-versa ça. Achète l’album et tu verras de toi-même (rire)
> Alain : Très drôle (rire). Des projets pour la promotion de The Warning ?
> Ghetto mik : Je saurais cela en même temps que vous avec mon manager et mon chargé de communication (rire), patience !
|| Alain : Vas-tu nous quitter sans nous parler de celle avec qui tu partages tes jours et nuits ?
|| Ghetto Mik : (rire) Côté cœur, pas toujours rose, je le reconnais : déception, incompréhension mais en ce moment je vis une relation avec une amie, nous avons des projets et des pages à écrire notre romance en toute sérénité et je pense là avoir trop dit (rire) !
> Alain : Que peut-on te souhaiter finalement Ghetto Mik pour cette année nouvelle ?
> Ghetto Mik : De l’amour entre mes potes et moi, Elliask, Ja jah Binx, One God, Christian, Liv’ol. Longue vie à notre label SOLDIERS MUZIK RECORDS. Une entente éternelle au sein de ma famille. Que DIEU soit toujours la fontaine de mes inspirations et que mon premier album touche des cœurs et puisse faire peur (rire).