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Par Blaise Akame. Le 2011-05-08 21:39:24

Phénomène "Sexe contre note"

Quand le vice s’installe dans l’enseignement togolais

En vogue dans plusieurs lycées, universités et écoles de BTS du Togo, le troc « sexe contre note » se traduit par l’octroi de meilleures notes aux étudiantes par certains professeurs désireux de profiter des charmes des apprenantes. Très fréquent en milieu estudiantin, le « droit de cuissage » confère aux filles qui, laissant les professeurs exercer ce « droit », se voient attribuer des notes de complaisance, communément appelées dans le jargon scolaire les MST (Moyennes sexuellement transmissibles), en guise de motivation ou de récompense. Le phénomène des MST qui prend du large constitue l’une des causes du baisse de niveau des étudiants et illustré par l’échec aux différents examens bien que brillantes qu’elles paraissent en classe
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D’entrée de jeu, les enquêtes révèlent que les filles qui s’adonnent à cette pratique ne viennent pas des milieux défavorisés, mais plutôt des plus nanties ou dans certains cas, elles ont des connexions dans le milieu politique.

Ce phénomène est une épine et un sujet à controverse dans le système éducatif togolais.

Selon certains professeurs, « les filles paresseuses se jettent elles-mêmes dans la course aux bonnes notes, surtout en fin de trimestre en utilisant tous les artifices possibles pour s’attirer le regard des enseignants. Elles n’ont pour seule arme que la séduction et le string. Elles savent bien que sortir avec un prof est une garantie pour avoir la moyenne dans toutes les matières», nous a révélé un enseignant de lycée qui a requis l’anonymat.

Pour un autre, bon nombre de ces étudiantes aux cuisses longues et légères font purement de la provocation. Ces dernières sont parfois, dit-il, les instigatrices de ce fléau à travers des tenues très sexy, qui mettent en exergue leurs formes, dévoilent les parties intimes faisant ainsi naître des idées et des actes défendus dans la tête de l’enseignant, qui demeure malgré tout un homme sujet à toutes formes de tentations. Les clauses du contrat sont claires : « Tu as un truc dont j’ai envie et moi aussi j’en ai un dont tu besoin, alors place à l’échange-marchandise ».

Ce phénomène est tellement en propension libre aujourd’hui dans les écoles qu’on se demande où est passé l’arrêté ministériel pris du temps du ministre Klassou qui interdisait alors des tresses et coiffures extravagantes à l’école.

L’harcèlement sexuel, teinté de chantage, constitue par ailleurs l’une des principales causes de ce phénomène de sexe entre note.
De nombreuses étudiantes affirment être victimes d’harcèlement sexuel de la part de certains enseignants. Ces derniers leur imposeraient des relations intimes comme condition sine qua non d’obtention de bonnes notes. Les recteurs des universités tentent de relativiser le phénomène tout en le condamnant.

Beaucoup de filles souffrent en silence dans les salles de classe et n’osent pas en parler car, estiment-elles, par solidarité souvent du corps enseignant, les élèves n’ont jamais raison et pour avoir refusé un rendez-vous d’un enseignant, on risque de se voir coller une mauvaise note qui aura des répercussions sur le bulletin. Car, de nos jours les bulletins des trimestres ou semestres pèsent beaucoup dans la recherche d’un emploi.

« Il m’est arrivé de refuser les avances d’un professeur, c’était la première fois qu’une jeune fille refusait la proposition de cet enseignant, qui était en même temps chef de département. Pour lui, c’était un affront. Il a alors décidé de se venger. Il m’a collé des notes ridicules comme 0,5 sur 20 dans sa matière à la première session d’examen. Conséquence, je suis allée en session de rattrapage; là aussi, il a été sans pitié », raconte Viviane, étudiante dans à l’université de Lomé.

Des notes désastreuses qui seraient la cause de son redoublement. Malgré l’échec de Viviane, la colère de l’enseignant ne se serait pas estompée l’année suivante.

Pour M. B. professeur de Comptabilité dans une école de BTS, l’éthique est très importante ; elle doit même passer avant la science. « Nous exerçons un métier ingrat, c’est en préservant notre dignité que nous restons la tête haute », a-t-il lancé.

En 2007, une étudiante victime de harcèlement de la part de son professeur a crevé l’abcès en se confiant à ses parents. Ces derniers foudroyés par la colère ont saisi l’administration, en exigeant une explication. Cette situation a mis à mal non seulement les moniteurs, mais aussi les professeurs titulaires.

L’administration a par ailleurs publié un communiqué visant à ramener le personnel de l’école à l’ordre. La panique s’est emparée du corps professoral, car il était difficile d’expliquer la conduite du harceleur.

Ce phénomène « sexe contre note » joint à celui des effectifs pléthoriques dans les universités et grandes écoles, révèle la mauvaise santé du système éducatif en terme de compétence avéré des diplômés que le système met sur le marché.

Ces filles qui voltigent de classe de passage à classe de passage arrivé aux classes d’examens ne font qu’augmenter le taux d’échec. Et pour sortir de ce trou noir, les grands moyens sont mis en branles. Même les directeurs des examens sont soumis au l’échec.

A l’échec, c’est le parrain qu’on appelle à la rescousse. Très souvent c’est un haut gradé politique ou encore un magna des affaires à l’influence très efficace et certaine et le tour est joué.
Ce phénomène peu reluisant ramène la problématique générale des diplômes et des compétences de certains diplômés.

L’Etat en ce qui le concerne ne peut point éradiquer totalement le phénomène, déjà que les deux acteurs en cause se renvoient la balle. Mais il est aussi que : former c’est éduquer à la loyauté, à la dignité et à l’honnêteté dans le mérite.
 
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